| St-Lazare
L'envie
de chanter, il est né avec. Aubervilliers,
famille d'origine italienne, père passionné
de chanson qui se rêvait chanteur lui-même
et lui transmet le virus, Stéphane tombe bientôt
"fan absolu" de Balavoine et découvre
à neuf/dix ans des iconoclastes nommés
Capdevielle, Higelin ou Guidoni. C'est sur cette base
"chanson française" que se grefferont
à l'adolescence des influences anglo-saxonnes
(Beatles, Doors, Dire Straits...), suggérant
déjà la couleur future des "chansongs"
du jeune homme.
A
16 ans, avec l'aval des parents, il quitte l'école
pour se jeter à fond dans la musique. Au clavier
qu'il taquine gentiment, il ajoute la guitare en autodidacte,
réalise qu'il est d'abord mélodiste,
multiplie les rencontres (tel Alain Charbonnier, auteur
avec lequel il travaille toujours), apprend à
respirer sur une scène et repart monter des
groupes de rock - éphémères -
où il joue de la basse. En 1999, il autoproduit
un premier disque, " Je m'en fous ", et
tourne pas mal en caf'conc' et piano-bars. Trois ans
plus tard, sélectionné aux Rencontres
d'Astaffort, il y co-écrit des chansons avec
plusieurs participants, en revient "boosté"
et concocte un second CD. Celui-ci accroche l'oreille
de Francis Cabrel qui décide en 2003 de signer
Stéphane Mondino sur son label, Cargo.
Il
enregistre donc un nouvel album, St-Lazare, où
les guitares gardent une place de choix aux côtés
des claviers, l'ensemble sonnant sensiblement rock
sur certains morceaux. "Ce qui m'a plu, dit Stéphane,
c'est que Jean-François Delfour, le réalisateur,
ait respecté complètement l'esprit de
ce que j'avais fait. Il m'a surtout aidé à
aller vers des choses présentes en moi, dont
je n'avais pas conscience, ou que je n'osais pas utiliser,
comme ma voix de tête." Témoin,
le charme qu'elle opère, limpide et aérienne,
dans "Une nuit de juin", chanson d'amour
co-écrite avec deux copains lors des Rencontres
d'Astaffort. Stéphane adore ce travail collégial,
et l'une des réussites de l'album vient de
sa cohérence profonde, malgré la diversité
des auteurs.
Premier
single pur Mondino, scansion, obsession, rythme à
la clé, "La tête ailleurs"
pointe le décor général de l'album,
cette ultra moderne incertitude à laquelle
personne n'échappe vraiment aujourd'hui. Nulle
morosité excessive pour autant. Après
encore deux titres cousins ("A travers les verres",
"Européen"), où loin des donneurs
de leçons s'affirme "une conscience",
une volonté "d'éclairer",
c'est heureusement l'amour qui occupe ici l'essentiel.
D'accord, la voix douce ou soudain arrachée
de SM (est-ce aime ?) rappelle que tout n'est pas
toujours rose, mais le titre St-Lazare porte l'espoir
de toutes les rencontres, par delà son histoire
de rendez-vous manqué. La tête et le
cur renversés sur "Les filles interstellaires",
des lenteurs bluesy de "On ne vit pas sans"
au clin d'il nostalgique à Eric Tabarly
("Le sel et le ciel"), jusqu'à cette
chienne de liberté du "Vieux Rudy",
Stéphane Mondino esquisse des portraits, des
moments de vies. Une petite musique essentielle, ni
simpliste ni intello, avec laquelle il va falloir
désormais compter dans le monde si friand d'étiquettes
de la chanson.
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